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Dès la
désignation en mars 2002 de Pech et du Centre de crise de Québec
à titre de mandataires de l'application de la loi P-38.001, Pech
a choisi d'offrir son expertise aux policiers qui interviennent
avec des personnes qui ont des problèmes de santé mentale et qui
vivent une crise psychosociale ou psychiatrique.
L'article 8 de
cette loi permet aux patrouilleurs de recourir à l'expertise
d'un intervenant en situation de crise afin d'évaluer si l'état
mental d'une personne présente un danger grave et immédiat pour
elle-même ou pour autrui. Ces cas ne représentent que 5 % de
l'ensemble des situations de crise gérées par Pech dans une
année.
De son côté, le
Centre de crise de Québec répond aux appels des citoyens
désireux d'obtenir de l'aide et du support dans un contexte de
crise psychosociale sans passer par l'intermédiaire des services
policiers.
Ce service
constitue une alternative à l'incarcération de la clientèle
santé mentale-justice avec les patrouilleurs de la Ville de
Québec et les patrouilleurs de la Sûreté du Québec pour la
Côte-de-Beaupré, Portneuf, la MRC Jacques-Cartier et Charlevoix.
Une étude menée par la Direction
régionale de santé publique a démontré l'efficacité et
l'efficience de notre modèle d'intervention en situation de
crise
Service de crise et pratique de
non-judiciarisation
Depuis 1996,
l'intervention de crise avec les policiers consolide notre
pratique de non-judiciarisation des personnes qui vivent avec un
problème de santé mentale. Cette pratique retient l'attention
puisqu'elle contribue à court-circuiter l'entrée dans le système
correctionnel et de la justice de personnes vivant avec des
problèmes de santé mentale sévères et persistants. Ces
personnes, déjà stigmatisées sur le plan social et économique,
se retrouvent dans le lexique d'exclusion de la plupart des
intervenants qui associent judiciarisation à dangerosité. Ces
personnes qui vivent avec des problématiques multiples comptent
parmi les personnes les plus isolées socialement au Québec.
Le contexte de
l'arrestation constitue un moment privilégié où les intervenants
de Pech et les policiers peuvent intervenir afin d'offrir à la
clientèle santé mentale-justice une alternative à la
judiciarisation, soit par une aide ponctuelle en situation de
crise ou par une intervention rapide liée à l'organisation de
vie.
Lors de
l'arrestation, le policier, par son pouvoir discrétionnaire,
peut décider de ne pas judiciariser la situation d'infraction,
pour autant que la personne accepte d'elle-même de
rencontrer un
intervenant de Pech. Ce dernier l'aidera à répondre à ses
besoins psychosociaux du moment (hébergement, accès à des
services médicaux) et à amorcer, au besoin, un suivi régulier.
Un autre
contexte est créé par la décision du policier de judiciariser la
situation délictueuse, tout en offrant à cette même personne le
choix entre une détention préventive ou l'utilisation, sur une
base volontaire, des services de Pech.
La dynamique
intersectorielle de Pech
Au départ,
l'idée même de travailler avec les milieux judiciaires et
correctionnels tels que les services de probation, la détention,
les policiers, fait un croc-en-jambe au concept de contrôle
social, au profit de la solidarité sociale.
L'expérience de
Pech démontre qu'un partage des responsabilités entre les
acteurs améliore la résolution des problèmes. Cette situation
force les partenaires à se mettre en mouvement et à redéfinir
leur rôle.
En résumé, les
conditions de réussite de la dynamique intersectorielle de Pech
se fondent sur la confiance des partenaires, la vision commune
des acteurs et l'engagement à participer à un réseau de façon
volontaire.
Un chapitre d'un volume intitulé
« Pour sortir des sentiers battus : l'action intersectorielle en
santé mentale » fait état des pratiques de Pech à cette
enseigne.
Caractéristiques du service de crise de Pech:
' Le délai de
réponse à une demande acheminée à Pech par les policiers se
situe généralement à moins de 30 minutes pour le Québec Métro et
à moins de 45 minutes pour les appels en provenance de Portneuf.
Il est à noter que nous ne nous déplaçons pas sur le territoire
de Charlevoix, l'intervention avec les patrouilleurs de la
Sûreté du Québec s'effectuant par téléphone.
' Un
intervenant de Pech prend en charge l'intervention dans les 30
minutes suivant l'appel des patrouilleurs 24 heures par jour et
7 jours par semaine.
'
L'intervention de Pech permet aux patrouilleurs de disposer de
solutions permettant de solutionner les problèmes de citoyens en
crise psychosociale ou psychiatrique.
'
L'intervention de Pech permet aux patrouilleurs d'utiliser
l'expertise d'un intervenant de Pech dans la détermination de la
dangerosité d'une personne pour elle-même ou pour autrui dans le
cadre de l'application de l'article 8 de la loi P-38.001.
'
L'intervention de Pech permet d'augmenter l'efficacité et
l'efficience des patrouilleurs en diminuant le temps consacré à
la gestion des crises et à l'accompagnement des citoyens aux
urgences psychiatriques.
Racine, P., Grégoire, L. (2005. La protection des
personnes dont l'état mental peut entraîner un danger
pour elles-mêmes ou pour autrui (article 8 de la Loi
L.R.Q. P-38.001):évaluation de l'implantation d'un
modèle d'organisation de services sur le territoire du
Québec métropolitain, Québec, Direction générale de
santé publique.
White, D., Jobin, L., McCann, D. et Morin, P. (2002).
Pour sortir des sentiers
battus: l'action intersectorielle en santé mentale,
Les Publications du Québec.
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